A Paris, l’art contemporain africain se fait une place dans le « triangle d’or »

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L’arrivée dans le VIIIe arrondissement des galeristes Mariane Ibrahim et Cécile Fakhoury ravit les maisons de vente aux enchères du quartier.

Depuis son inauguration vendredi 17 septembre, la galerie Mariane Ibrahim, installée au 18 avenue Matignon, à Paris, ne désemplit pas. De l’état-major de la fondation Louis-Vuitton à la garde rapprochée de François Pinault en passant par le collectionneur d’art africain Henri Seydoux, le gotha des acheteurs français est venu faire bon accueil aux artistes nigérians Peter Ukan et Ruby Onyinyechi Amanze comme à leurs confrères ghanéens Zohra Opoku et Amoako Boafo.

« Les artistes africains sont entraînés, ils ont désormais leur signature, leur style et leur marché, énumère la galeriste franco-somalienne basée à Chicago. Il était temps qu’ils aient un ring pour se mesurer aux autres ! » Ce ring, Mariane Ibrahim l’a trouvé dans le « triangle d’or » parisien, ce quartier cossu du VIIIe arrondissement où s’agrègent désormais les galeries et maisons de vente aux enchères les plus puissantes de la place.

Une clientèle huppée

Cécile Fakhoury l’a aussi bien compris. Pour défendre les couleurs de l’Afrique, cette Française d’Abidjan s’installera en octobre à l’angle de l’avenue Matignon et de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle espérait d’abord ouvrir son troisième espace à Accra, au Ghana, avant que la pandémie ne joue les trouble-fête. Le complexe immobilier dans lequel elle devait s’intégrer étant reporté sine die, elle a prospecté dans le quartier de la Bourse de commerce, fief de François Pinault, avant de se reporter avenue Matignon.

Paris est à ses yeux « l’ancrage nécessaire pour donner plus de visibilité internationale aux artistes africains ». Un passage obligé pour toucher la clientèle huppée des grands hôtels et des tables étoilées, certes, mais surtout les musées européens et américains, plus difficiles à sensibiliser dans le contexte des foires. Mais qu’on ne s’y trompe pas : hors de question pour Cécile Fakhoury d’abandonner Abidjan, où elle dispose d’un grand espace de 400 m2, ni Dakar, où elle s’est dédoublée en 2018. D’autant qu’elle a réussi en moins de dix ans à construire un marché local, 40 % des œuvres trouvant désormais preneur sur le continent africain.

La double arrivée, à un mois d’intervalle, de Mariane Ibrahim et Cécile Fakhoury ravit les maisons de vente aux enchères du quartier, qui ont toutes intégré un département dévolu aux arts d’Afrique. « Matignon devient le quartier africain ! », s’enthousiasme, volontiers excessif, Christophe Person, spécialiste chez Artcurial. « C’est un symbole fort », salue pour sa part Olivia Anani, de la maison de vente aux enchères Piasa, qui se félicite du « voisinage de Mariane Ibrahim avec la galerie White Cube ou de Cécile Fakhoury avec la galerie Lelong, deux pointures du marché ».

Christie’s aussi peut s’en réjouir, d’autant que des discussions sont en cours pour accueillir au premier semestre 2022 une deuxième édition parisienne de la foire 1:54, consacrée au continent africain.

Reprendre la main

Pour les deux galeristes nouvellement installées, il y a néanmoins urgence à reprendre la main face aux grandes maisons de vente. « Il y a trop d’enchères d’art africain en France avec des œuvres d’artistes de moins de 30 ans, réalisées parfois en 2020, qu’on trouve habituellement en galerie », se désole Cécile Fakhoury, qui reconnaît toutefois le travail de fond mené par le département d’art africain de Piasa.

La pilule est d’autant plus rude à avaler que les artistes ne profitent que de manière indirecte des envolées aux enchères, qui augmentent certes leur notoriété mais enrichissent d’abord les spéculateurs. En mai, une œuvre de la star ivoirienne Aboudia, de son vrai nom Abdoulaye Diarrassouba, s’est vendue au prix record de 232 000 dollars (190 000 euros) chez Sotheby’s, quand Cécile Fakhoury présentait ses peintures entre 15 000 et 120 000 euros. Le même mois, Piasa cédait un diptyque du duo germano-kényan Mwangi Hutter pour 44 200 euros, soit trois fois son estimation. Les pièces de ce binôme s’échangent actuellement entre 10 000 et 15 000 euros chez Mariane Ibrahim.

Tout en estimant que « galeries et maisons de vente sont complémentaires », celle-ci n’est pas mécontente d’avoir cédé une toile d’Amoako Boafo à un collectionneur parisien autour de 200 000 euros – quand son record aux enchères dépasse le million de dollars. Avec pour l’acheteur une obligation, notifiée par contrat : que le tableau ne soit pas revendu avant cinq ans. Une règle que Mariane Ibrahim applique depuis toujours à l’ensemble de ses artistes.

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